| Le Congo, à pied |
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| Écrit par Sascha Grabow & translated by Dieter Grabow (german), Takeshi Tajima (japanese) | |||||
| 11-04-2012 | |||||
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Dans un pays normal on vous demande « Comment allez-vous ? » …. Au Congo un passant vous pose la question : « Il y a quoi dans ton gros sac ? »
Je suis arrivé en République Démocratique du Congo le 07 février 2009 en venant de Zambie, par une assez bonne route. A la frontière, un garde musulman m’a demandé 20$ de droit d’entrer mais comme je lui ai répondu que j’allais retourner à Lusaka pour demander à l’ambassade si cette pratique était légale, il est devenu gentil et m’a laissé passer. Peu de temps après j’ai été pris en stop par un 4X4 Pajero et après 2 heures de très bonne route nous étions déjà à Lubumbashi, la seconde plus grande ville du pays et capitale de la province du Katanga, les policiers dans leurs uniformes bleus et jaunes fluo n’ayant posé aucun problème sur le chemin. En ville, j’ai pu dormir au Centre Chrétien Don Bosco ou les gens sont vraiment TRES sympas. J’ai rencontré un couple d’expatriés germano-zibabwein, je me suis posé 6 jours pendant lesquels j’ai collecté des informations et me suis préparé pour mon voyage à l’intérieur du pays. J’avais prévu de voyager à pied jusqu’en amont de la rivière Congo et de là prendre un bateau pour descendre à Kinsangani (avec quelques passages à terre pour contourner les rapides). Il fallait faire environ 500km jusqu’à Bukama , mais mon projet d’auto-stop fut vite anéanti étant donner le peu de trafic sur la route ! Il passait en moyenne une voiture tous les 4 jours !!! et quand je croisais des camions, ils étaient embourbés ou en panne et même lorqu’ils roulaient, j’allais plus vite à pied !! Tout ça pour dire qu’il m’a fallu à peu près 10 jours pour arriver, avec les pieds en sale état… Sur la dernière partie du chemin, je m’étais fait des copains dans le camion qui nous avait pris les 20 derniers kilomètres avant d’arriver en ville. Je voulais prendre le bateau le jour même mais j’ai décidé de suivre mes compagnons qui prenaient celui du lendemain… GROSSE erreur !!!
Le départ fut retardé jour après jour car ils voulaient prendre un bateau enmais pendant ce temps là la police m’avait repéré et avait décidé de s’occuper de mon cas ! Ils voulaient que je leur montre un papier qui m’autorisait à voyager à l’intérieur du pays et comme bien sûr je ne l’avais pas, ils ont voulu me ramener à Lubumbashi sur leur unique moto (en me faisant payer l’essence du trajet) pour voir le chef de la police de la province du Katanga. Le soir même, j’ai pu joindre un ami représentant des Nations Unies au Katanga et nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il était HORS DE QUESTION de retourner là bas, j’aurais été dégoûté. Je n’ai pas pu fermer l’œil, et à 3h30 j’ai décidé de m’enfuir de l’hôtel où j’étais assigné à résidence et gardé par des hommes armés. J’ai donc sauté un mur de 2m50 en passant par la fenêtre des toilettes avec mon sac à dos et toutes mes affaires, puis j’ai rapidement traversé la place du marché pour rejoindre le pont de chemin de fer, alors je me suis rendu compte que quelqu’un me suivait avec une grosse torche, peut être un garde, je ne sais pas… Je me suis vite caché derrière un pylône du pont, j’ai traversé aussi rapidement que possible puis j’ai suivi les rails de manière à ce qu’ils ne puissent pas me suivre en moto. J’ai entendu des chiens aboyer, j’ai continué à avancer encore environ 16 kilomètres en laissant la ville derrière moi, et je me suis dit que j’avais sûrement réussi à les semer. J’ai dormi dans un tout petit village en bord de piste, dans une case en boue dans laquelle on m’a autorisé à rester. Mon régime fut principalement constitué de bananes, canne à sucre, cacahuètes, manioc séché, oranges, citrons et ananas… c'est-à-dire un régime vitaminé mais pas vraiment nourrissant, j’ai perdu rapidement du poids. Pour boire il fallait purifier l’eau de la rivière ou de toute autre source qu’on pouvait trouver. Le deuxième jour, à environ 60 km de Bukama, alors que je reprenais de nouveau la route principale, pensant être en sécurité (et pour éviter la piste de chemin de fer, pleine de pierres où je risquais à chaque pas de me fouler une cheville), j’ai atteint une ville un peu plus grande au environ de midi et me suis assis pour peler une orange, et c’est alors que j’entendis le bruit d’une moto. J’ai aussitôt bondi derrière une porte puis quand la moto fut passée, j’ai repris mon sac et j’ai couru dans un champs de maïs. J’ai entendu la moto faire demi tour, il avait du demander aux gens du village s’ils avaient vu un blanc dans le coin et bien sûr tout le monde m’avait vu ! Je n’arrivais pas à croire que ce type m’avait suivi pendant 60km avec le seul moyen de transport qu’avait à disposition la Police ! J’ai vite rejoins les faubourgs de la ville, à 90° en direction de la route principale, cherchant un endroit où me cacher. Pas si facile quand tout le monde est surpris de croiser un mec blanc dans les environs. J’ai finalement aperçu un bâtiment en construction, apparemment inhabité et alors que des gamins courraient pour prévenir leurs copains qu’ils m’avaient vu, j’ai sauté le mur de derrière et suis rentré par une fenêtre, puis je me suis caché dans une pièce minuscule avec une toute petite ouverture ( probablement destinée aux toilettes). Je suis resté tapi là, pendant environ 15 heures, j’essayais de dormir un peu mais parfois j’entendais crier 'Muzungu, Muzungu' (homme blanc) et le bruit d’un moteur de moto m’a clairement fait comprendre, vu qu’il ne passait quasiment jamais aucun véhicule, qu’ils étaient toujours à ma recherche. A 2h30 du matin j’ai levé le camp et j’ai repris la route en direction de Kamina, une bande de terre avec beaucoup de collines et de forêts. Passer la nuit était devenu une routine : j’arrivais dans les villages à la nuit tombée pour ne pas être repéré tout de suite et interrogé par la police secrète, je cherchais un vieil homme qui me semblait assez sage pour pouvoir me proposer un endroit où dormir (j’étais épuisé après plus de douze heures de marche, j’avais les pieds pleins d’ampoules et très abîmés), je leur faisais croire que je me tiendrais prêt pour voir la police le lendemain et à 5h du mat, 5h 30 maximum, je déguerpissais. Ainsi, au lever du jour la distance parcourue était suffisante pour les dissuader de me retrouver. Ceci est épuisant, surtout lorsque ça dure ; il m’a fallu presque 1 mois et 900 km pour atteindre Mbuji Mayi au cœur du Congo, avec pour seul répit les 3 jours à Kamina où j’ai pu me reposer chez ce sympathique moine Franciscain croate qui vivait là depuis 26 ans. Finalement, c’est un hélicoptère des Nations Unies qui m’a sorti de Mbuji Mayi, le centre du diamant comme il l’appelle …
A suivre … particulier
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| Dernière mise à jour : ( 30-01-2013 ) | |||||
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